Patrimoine

Patrimoine historique

La chapelle des Pénitents blancs
Les pénitents sont généralement des laïcs décidés à se consacrer publiquement au culte catholique, à travers la prière et la charité notamment. Ils portent une tenue d’une couleur spécifique à laquelle ils doivent leur nom. Regroupés en confrérie, ils sont placés sous l’autorité de l’évêque. Il existait à L’Isle-sur-la-Sorgue quatre confréries de pénitents : les blancs, les bleus, les noirs et les verts.
Les pénitents blancs sont présents à L’Isle depuis la première moitié du XVIe siècle. D’abord installés dans le couvent des Franciscains, situé hors les murs, ils rentrent en ville lors du transfert de ce dernier en 1562. Établis peu après dans la collégiale, ils possédaient une chapelle qui fut détruite lors de la construction du sextier. Leur nouvelle chapelle, édifiée juste à côté par l’architecte l’islois Esprit-Joseph Brun, aura une existence très brève. En effet, achevée en 1778, elle fut vendue à la Révolution.
La reconstitution de la confrérie sous la Restauration nécessita la construction d’une nouvelle chapelle, terminée avant 1820. Cette chapelle néo-classique, aujourd’hui privée, abrite encore un très beau plafond en décor de plâtre. Le programme architectural développé est empreint des traditions du XVIIIe siècle comtadin de par son plan, sa façade principale et le décor d’un grand plafond orné de gypseries et de staffs. Certains éléments du plafond et de la façade témoignent cependant d’une nouvelle ère dans la création locale.

 

La chapelle des Pénitents bleus
Les pénitents sont généralement des laïcs décidés à se consacrer publiquement au culte catholique, à travers la prière et la charité notamment. Ils portent une tenue d’une couleur spécifique à laquelle ils doivent leur nom. Regroupés en confrérie, ils sont placés sous l’autorité de l’évêque. Il existait à L’Isle-sur-la-Sorgue quatre confréries de pénitents : les blancs, les bleus, les noirs et les verts.
Initialement installée au couvent des Franciscains vers 1565, la confrérie des pénitents bleus de L’Isle décide de construire une nouvelle chapelle à l’angle des rues Saint-Honoré et de l’Arquet. Edifiée entre 1761 et 1768 par l’architecte l’islois Esprit-Joseph Brun – ou par son frère Jean-Ange Brun –, elle est un témoin majeur de l’architecture religieuse de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La chapelle fut vendue à la Révolution et la confrérie fut dissoute. Au XIXe siècle, la chapelle accueillit la congrégation des Hommes. Elle fut sécularisée dans les années 1970.
Malmenée par des réaménagements disgracieux au cours des années 1970-1980, cette chapelle possède encore une remarquable façade classique à pans inclinés et une grande partie de son plafond d’origine en gypserie. Celui-ci est représentatif des arts décoratifs religieux comtadins du milieu du XVIIIe siècle de par sa sobriété et l’utilisation ponctuelle de motifs en haut-relief réalisés en plâtre peint (gloire rehaussée d’angelots, cartouches, etc.).

 

La tour des consuls et les bâtiments associés
L’îlot de la Tour d’Argent concentre toute l’histoire de la ville. Il intègre en effet dans son périmètre une juxtaposition de bâtiments représentatifs de l’architecture civile locale sur une très large période (XIIe-XIXe siècles). Plusieurs études archéologiques ont déjà révélé un exceptionnel ensemble de constructions dont l’élément majeur est constitué par une remarquable tour construite par des consuls de la ville à la fin du XIIe siècle et couverte d’une magnifique coupole romane (classée au titre des Monuments Historiques en 2012). D’autres constructions aristocratiques médiévales (tours, maisons fortes, logis, etc.) ont été identifiées sur ce site. Parmi les éléments les plus notables situés aux abords de la tour figurent un bâtiment résidentiel des XIVe et XVe siècles, un plafond décoré en plâtre daté du XVe siècle (inscrit au titre des Monuments Historiques en 2012), des corps de bâtiment d’un hôtel particulier gothique (hôtel de Brancas-Villars) et plusieurs constructions du XVIIIe siècle (hôtel d’Oiselay).
Au XVIIe siècle, une auberge, dite de « La Tour d’Argent », s’installe dans une partie de ces bâtiments. Dès la fin du XIXe siècle, cet îlot propose des espaces de loisirs chers aux habitants, tels que le Café de l’Avenir, un théâtre à l’italienne transformé après-guerre en dancing (Lido) et en cinéma (Cinévog).

 

La collégiale Notre-Dame-des-Anges
En 1212, l'évêque de Cavaillon fonda à L’Isle-sur-la-Sorgue une collégiale sous le vocable de Notre-Dame-des-Anges, probablement pour contrecarrer les pouvoirs du consulat. Il ne reste aucune trace de cet édifice qui devait être l’une des premières réalisations gothiques régionales.
Dès la fin du XVe siècle, le chapitre décide de reconstruire la totalité de l’édifice. Le chantier débute par la partie orientale de l'église et adopte un style gothique méridional, en vogue dans la région comtadine depuis le XIVe siècle : chevet bas, de plan polygonal avec des contreforts rayonnants, et un puissant clocher latéral. Celui-ci est achevé vers 1538 et marque une évolution stylistique du gothique flamboyant vers le style Renaissance.
La plus grande partie de la nef est réédifiée entre 1645 et 1675 sur les plans de l’architecte avignonnais, François Royers de la Valfenière. L'architecture extérieure austère, influencée par le style jésuite, contraste avec l'ostentation de ses décors intérieurs. La large nef voûtée est bordée de chaque côté par un réseau de six chapelles latérales, surmontées par des galeries de circulation protégées par des balustrades. Ce plan est particulièrement adapté à la religiosité de cette période de Contre-Réforme catholique : une grande nef pour l'accueil des fidèles et la prédication, ainsi que des chapelles confinées pour abriter des confréries. De nombreux artistes de la région, comme Mignard, Vial, Péru ou Parrocel, ont participé à la qualité et à l'abondance de la décoration de l'édifice.


La Charité
La Maison de la Charité avait pour vocation d’offrir un refuge aux mendiants non seulement pour les loger, les nourrir et les entretenir, mais aussi pour lutter contre les vols et pour les délivrer de leur condition en leur apprenant un métier. A la fin du XVIIe siècle, la ville confie les plans de la Charité à l’architecte avignonnais, Pierre Mignard. Il doit construire un vaste ensemble à quatre corps de bâtiment avec deux grandes cours sur l’emplacement d’une maison et d’un terrain légués par Jean de Favier, chevalier de l’ordre du pape et homme d’armes de la compagnie du comte de Suze. La réalisation de ce projet ambitieux débute en 1681, mais se limite à une seule aile implantée perpendiculairement à la rue. En 1766, le projet initial est simplifié par l’architecte l’islois Jean-Ange Brun qui élève un nouveau corps de bâtiment en bordure de la Sorgue. La chapelle néo-romane, édifiée vers 1850 dans une cour par l’architecte départemental Joffroy, marque l’achèvement des travaux. En 1758, la Charité accueillait 126 pensionnaires (dont 72 enfants), placés dans les fabriques locales. De la fin du XVIIIe siècle à la fin du siècle suivant, les sœurs hospitalières assurèrent la direction de l’établissement. La Charité fut désaffectée en 1910.

 

Le centre d’art Campredon
A L’Isle-sur-la-Sorgue, de nombreuses demeures aristocratiques sont construites ou réaménagées entre 1690 et 1780, selon les goûts de l’époque (hôtels de Palerme, de Ganges, de Ricci, de Clermont-Lodève, etc.).
L’hôtel Donadeï de Campredon fut édifié dans la seconde moitié du XVIIIe siècle pour Charles Joseph de Campredon, issu d’une grande famille de propriétaires terriens, présente à L’Isle depuis le XIVe siècle. Le projet fut conçu par l’architecte l’islois, Esprit-Joseph Brun, qui élabora un hôtel particulier sur un plan en « L », avec une remarquable façade ordonnancée sur la rue principale. Les deux façades intérieures furent élaborées de façon plus simple afin de donner plus d’ampleur à un jardin magnifié par trois fontaines ou nymphées.
Le vestibule d’entrée ouvre sur un grand escalier à trois volées suspendues, avec rampe en fer forgé, permettant l’accès aux salons en enfilade du premier étage, décorés de sobres gypseries.
L’hôtel de Campredon, acquis par la ville de L’Isle en 1978, est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Il accueille un centre d’art depuis 1984.

 

L’Hôtel-Dieu
A la fin du XIVe siècle, les différents hôpitaux de L’Isle-sur-la-Sorgue furent réunis à l’Hôpital Vieux ou des Franciscains. En 1685, il fut transféré dans un lieu comprenant une maison avec jardin vendue par un aristocrate, Monsieur de Vaucluse, et un jardin et sa petite maison achetés à l’un des recteurs de l’hôpital, Laurent Autier. Malgré un premier agrandissement décidé en 1713, l’espace de cet Hôtel-Dieu, qui avait été confié dès avant sa construction aux sœurs de la congrégation de Saint-Joseph, devint vite insuffisant. Dans les années 1740, la réalisation des plans du nouvel hôpital fut donnée à Jean-Baptiste Franque, appuyé par l’entrepreneur local Esprit Brun et ses fils, Jean-Ange et Esprit-Joseph, tous deux architectes. L’achèvement des travaux intervint en 1781-1782 avec la décoration de la chapelle.
La cour d’entrée est accessible par un remarquable portail daté de 1762 et surmonté d’une ferronnerie portant les armes de l’abbé de Sade, bienfaiteur de l’établissement. Le bâtiment se développe sur quatre ailes selon un plan en « h ». C’est au rez-de-chaussée que se situent les parties les plus notables de l’hôpital : le hall d’entrée et son escalier majestueux, la pharmacie et la chapelle, abondamment décorée de gypseries de style Louis XVI. D’anciens jardins d’agrément et de subsistance entourent les bâtiments classés ou inscrits au titre des Monuments Historiques. Le jardin ouest possède une fontaine monumentale – ou nymphée –, dessinée par Jean-Ange Brun en 1768.
L’Hôtel-Dieu, qui connut plusieurs extensions aux XIXe et XXe siècles, est aujourd’hui l’Hôpital local de L’Isle. L’aile méridionale qui abritait les religieuses était associée au jardin de la communauté. Ce lieu et ses locaux, appelés « la Congrégation », sont actuellement affectés à la Direction du Patrimoine de la Ville.

 

Le château Char
Emile Char, industriel et maire de L’Isle-sur-la-Sorgue, fit construire en 1894 une grande maison bourgeoise dans le quartier des Névons. Cette vaste demeure, au style éclectique caractéristique de la fin du XIXe siècle, était autrefois entourée d’un grand parc. On retrouve cette architecture de « capitaine d’industrie » dans d’autres « châteaux » aux abords du centre-ville (ceux des Dumas, Saint-Hubert, Reboul, Giraud).
La maison familiale des Névons, la Sorgue et les quartiers de L’Isle bercèrent l’enfance du poète René Char (1907-1990). Il partagea sa vie entre sa ville natale et Paris où son adhésion au mouvement surréaliste le propulsa dans le cercle des auteurs parisiens. La Seconde Guerre mondiale le maintint dans la région et il entra dans la résistance sous le pseudonyme de « Capitaine Alexandre », à Céreste. Il écrivit pendant ces années Seuls demeurent et les Feuillets d’Hypnos, publiés une fois la paix revenue.
Non sans regret, les Char vendirent « le château » des Névons en 1955 et une cité HLM prit la place du parc, inspirant à René Char son poème « Deuil des Névons ».

 

La Manufacture Brun de Vian-Tiran
L’industrie textile est une spécialité de L’Isle-sur-la-Sorgue depuis le Moyen Âge. De grandes familles s’y sont investies et ont participé à construire l’identité de la ville. Cette industrie continue à vivre aujourd’hui, portée par la manufacture Brun de Vian-Tiran. L’aventure commence en 1808 quand Charles Tiran et son gendre, Laurent Vian, installent leur moulin à foulon sur la Sorgue. En 1879, après son mariage avec l’héritière Vian-Tiran, Emile Brun prend en main les activités de la manufacture et y attache son patronyme, ce qui lui donne son nom actuel : Brun de Vian-Tiran.
La même famille transmet l’entreprise depuis huit générations, chacune apportant son génie aux arts de la laine pour enrichir les savoir-faire et perpétuer l’activité. L’entreprise Brun de Vian-Tiran est non seulement une histoire de famille d’industriels, mais aussi celle des fileurs et des fileuses, des tisseurs et des tisseuses, des foulonniers et des garnisseurs qui ont œuvré sur leurs métiers, une histoire dans laquelle les femmes ont joué un rôle précieux.
La production de la manufacture Brun de Vian-Tiran s’étend aux fibres nobles : cachemire, chameau, alpaga, mohair, soie… Elle s’appuie sur la technologie moderne, mais reste profondément attachée à la plus respectueuse tradition lainière.

 

Velorgues

Le hameau de Velorgues était autrefois, une petite agglomération distincte de l’Isle. Les origines du lieu remontent à l’antiquité lorsqu’un domaine gallo-romain occupait probablement cette partie du territoire l’islois. A l’exemple d’autres sites, une église, placée sous le vocable de saint Andéol, est peut-être créée dans l’Antiquité tardive pour christianiser ce domaine, embryon d’une structure villageoise. Au XIe s., l’église devient un prieuré de l’abbaye de Montmajour et au XIIe s., la seigneurie passe définitivement aux mains du pouvoir laïque. L’un des seigneurs fait construire une tour massive, à quelques mètres au nord de l’église qui garde une fonction paroissiale. Le castrum de Avellonicum, véritable agglomération de plaine, entourée d’une enceinte et d’un fossé appartient à quelques unes des grandes familles aristocratiques du secteur : les Amic au XIIIe s. et les Cavalier au XIVe s.
Velorgues ne se remettra jamais des troubles de la seconde moitié du XIVe s. et du XVs. : il s’ensuit un lent déclin et une ruine progressive des constructions anciennes. Relégué au rang de simple hameau de L’Isle, Velorgues renaitra progressivement à partir de la fin du XIXe s.

Deux édifices majeurs du Moyen-Âge, subsistent aujourd’hui :

- La tour (propriété privée)

Aujourd’hui intégrée dans un ensemble de constructions établies dans la première moitié du XXe siècle, la tour de Velorgues est relativement bien conservée dans son état médiéval. C’est une tour massive de plan rectangulaire (9,55 m x 8,30 m) assez basse (10 m de hauteur). La maçonnerie est de bonne qualité : des chaînes d’angle en pierre de taille encadrent des parements de moellons disposés en assises régulières.
L’intérieur comporte toujours la division décrite par Victorin Laval vers 1910 : une cave voûtée en berceau précède un rez-de-chaussée couvert d’un plancher sur arc et le dernier étage est couvert d’une remarquable voûte en berceau brisé.
L’accès à l’étage s’effectuait par une porte extérieure couverte d’un arc en plein cintre.
La datation de cette tour doit être située en la seconde moitié du XIIe s. et le début du XIIIe s. Par son architecture, elle correspond parfaitement aux tours nobiliaires conservées dans la région (Pernes, L’Isle, etc.) qui constituent des témoignages exceptionnels de l’architecture civile de la période romane.

- L’église Saint-Andéol ou chapelle de Velorgues
(propriété communale, inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques).

L’ancienne église paroissiale de Velorgues paraît ne pas avoir été affectée par les transformations radicales qui ont bouleversé son proche environnement depuis le Moyen-Âge.
A l’exception d’une entrée de garage, percée au détriment d’une porte romane, l’architecture médiévale de cet édifice semble miraculeusement préservée. La chapelle mesure 17 m de longueur pour 8 m de largeur (contreforts exclus) et s’élève sur plus de 9 m de hauteur. Son plan présente une nef unique de deux travées, prolongée vers l’est par une abside semi-circulaire. La présence d’une porte latérale obturée au sud, laisse à penser que cet édifice a été construit au moins en deux campagnes distinctes.

Au XIe s., l’église Saint-Andéol possède une abside voûtée en cul de four, prolongée par une nef charpentée. Plus tard, dans le courant du XIIe s., l’édifice primitif est pourvu d’une voûte en plein cintre reposant sur des doubleaux et des arcatures aveugles latérales. Ce système de voûtement apposé sur la structure primitive est contrebuté à l’extérieur par de puissants contreforts. Un décor de rudentures, caractéristique de la seconde moitié du XIIe s., est positionné en partie supérieure des murs gouttereaux. Une pierre de dédicace est conservée dans l’abside et des traces de peintures sont apparentes sous les badigeons couvrant la voûte en cul de four. Au nord de la deuxième travée, un arc noyé dans la maçonnerie, montre qu’il existait une extension (chapelle latérale) dont on retrouve la trace sur les contreforts extérieurs.

 

Patrimoine industriel

Depuis une époque reculée, les eaux de la Sorgue, abondantes et régulières, ont fourni la force motrice nécessaire à l’artisanat et à l’industrie. Les roues à aubes avaient permis l’installation de moulins à blé dès le XIIe siècle, puis la création d’ateliers pour traiter la laine et la soie.

Les roues pittoresques qui subsistent aujourd’hui pour donner son cachet particulier à L’Isle, témoignent mal des soixante-deux qu’on dénombrait au XIXe siècle et de l’intense activité qui régnait alors :
Tandis que la soie engendrait de nouvelles fortunes, L’Isle devenait le principal centre lainier du département.

 





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